LES FEMMES DEPLACEES DE LUBERO : UNE URGENCE NEGLIGEE  

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Le territoire de Lubero est une  partie du territoire nationale ou  la crise sécuritaire a provoqué  un cycle récurrent de violences.  Il est situé  dans la province du Nord-Kivu  à l’Est de la République Démocratique du Congo qui  depuis  le mois  de mai 2025   est sous état de siège,  une mesure exceptionnelle qui malheureusement  n’a pas produit des résultats satisfaisants   pour ramener   la paix dans la zone.

Des  mouvements  des déplacements  des populations sont  toujours observés  vers des  milieux supposés être  à l’abri de l’activisme des groupes armés dont les plus cruels sont des  ADF de souche étrangères des différentes  nationalités mais   des certains autres  groupes armés  nationaux  se réclamant de l’idéologie  des jeunes volontaires pour la défense de la patrie cautionnée par le gouvernement  dans toutes leurs ramifications .

Les forces armées loyalistes , pour tenter  de contenir les conflits  ont d’habitude  installé   des positions militaires  dans les milieux  plus proches des habitations  des populations civiles  ou ils ne se tardent pas à les tracasser ,   à les  contraindre  de leur laisser les  immeubles et autres biens .

Entre temps la  situation  des personnes déplacés reste plus complexe  par le fait que  l’Etat  congolais qui a la charge de leur accorder  protection semble abandonner cette question aux initiatives locales et internationales pour apporter  une réponse humanitaire  mais aussi aux personnes de bonne volonté .C’est ainsi que les personnes déplacées vivent  dans les familles d’accueil selon leur capacité économique  et leur connaissance dans le milieu .

 . Parmi les personnes déplacées, les femmes paient le plus lourd tribut. . Celles-ci donc font face à une double violence : celle des groupes armés  et celle de la précarité dans les milieux d’accueil. Quelle est la nature de ces violences ? Quelles sont les conditions de survie ? Et comment attirer l’attention des acteurs  et internationaux sur leur sort souvent ignoré ?

Le présent article vise à analyser la situation des femmes déplacées à Lubero afin de faire connaitre les violations  des droits humains qui se  commettent sur les femmes     et contribuer à la mise en œuvre de réponses appropriées.

  1. 1. Les femmes seules face à la survie

  Enfants sur les dos, casseroles, matelas sur la tête  marche à pieds accompagnés parfois de leurs  époux  munis  des petites mallettes remplis des documents de grande valeurs notamment titres parcellaires et créances. .  Certaines ont perdu  leurs époux,  tués ou portés disparus. D’autres ont été séparés dans la panique ; elles se retrouvent seules sur le chemin  inondé  par   des vestiges de reste des ossements  humains calcinés par les incendies difficilement identifiables .Les femmes enceintes et celles  atteintes des maladies chroniques  comme  le cancer des seins, de l’utérus Les femmes allaitantes  sont sacrifiées  ainsi que bébé abandonnés après accouchements.  Des faits peu documentés  alors les femmes devront bénéficier d’une protection spéciale. Des femmes avancées en âge, les filles sont  exploité  sexuellement.

Pire encore, une fois  dans les sites ou familles d’accueil, elles doivent tout organiser pour la survie du ménage : trouver un abri, chercher de la nourriture, gérer les enfants et parfois se livrer à la mendicité sans contribution réelle de leurs époux.

2.  privées de leurs  moyens de subsistance.

Les terres agricoles, source principale de vie, sont désormais inaccessibles ou occupées par les groupes armés. Ces femmes n’ont ni semences, ni outils, ni marchés pour vendre. La famine et la dépendance aux aides humanitaires deviennent leur quotidien.

3. Risques accrus de violences

Dans les sites de déplacement ou dans les zones  instables ; elles font faces à des nombreuses  formes des violences : violence sexuelle et exploitation, mariage précoces forcés  pour survivre, accès  difficile aux soins  de santé, à l’eau potable, à la protection.

4. Des conditions d’accueil  inhumaines

 Dans les villages d’accueil, les familles hôtes  sont-elles mêmes  épuisées par les conséquences de la crise. Les femmes déplacées et leur suite sont souvent perçues comme un fardeau, un poids de trop ; surtout lorsqu’elles ont  plusieurs enfants. Nombreuses sont forcées de louer une cellule, une petite pièce unique servant à la foi de chambre, cuisine et salle de séjour sans intimité ni confort.

La promiscuité, le manque d’hygiène, les abus de bailleurs ou des voisins, l’insécurité,…tout cela devient leur quotidien

5. Une urgence négligée

Malgré la gravité de la situation, l’assistance reste limitée. Les mécanismes de protection sont absents dans plusieurs zones et les acteurs humanitaires n’accèdent pas partout.

  6.   Le sexe de survie

Ne sachant pas subvenir aux  besoins de familles, le phénomène « sexe de survie » se pratiquent   ; certaines femmes sans ressources acceptent des relations sexuelles en échange de nourriture, d’un peu d’eau ou d’un abri ;  les exploitants, parfois même  locaux en profitent pour abuser de leur vulnérabilité.

Des réseaux informels d’exploitation sexuelle se forment et les plaintes restent rares à cause de la peur, de la honte ou de l’absence des mécanismes de protection

7. De la mendicité à l’humiliation

Sans revenus, sans terres, sans soutien, la majorité des femmes se livrent à la mendicité. Elles vont de maison à maison, parfois de marché à marché  quémandant de qui nourrir leurs enfants. Cette situation les expose à l’humiliation, au rejet  et parfois aux violences verbales  ou sexuelles. Certaines en viennent à envoyer leurs enfants mineurs à mendier parfois loin de leurs sites d’hébergement. D’autres acceptent des services domestiques précaires  en échange d’un repas, souvent dans des conditions dégradantes.

Dans cette précarité, les enfants des déplacés deviennent eux aussi victimes : exploitation économique, travail des mineurs, risque d’abus sexuels, exposition à la drogue  ou au banditisme,…les femmes quant à elles n’osent plus parler par peur d’être expulsés ou encore plus marginalisées.

8. Une justice et une protection inaccessibles

 Dans ce contexte de crise prolongée les femmes victimes des violences n’ont aucun recours. Les activistes des droits humains sont interdits d’action dans les zones encore occupées, les structures sanitaires sont  incendiées  ou désertées, les victimes ne peuvent plus comparaitre faute de sécurité. Le sentiment d’abandon est total. L’Etat pourtant garant des droits  fondamentaux  est souvent absent.

RECOMMANDATIONS

Face à cette crise humanitaire, il est urgent que :

– Que L’Etat renforce la protection des civils, en particulier des femmes et filles comme le prévoit la Résolution 1325 ;

– Que  l’Etat congolais fournisse une assistance humanitaire ciblée (logement, soins, hygiène menstruelle, alimentation) ;

– Que les  espaces surs pour les femmes et filles déplacées soient créés

-Qu’ un accompagnement juridique et psycho social soit mis en place  

– Qu’une réponse coordonnée de l’Etat soit mise en place

– Que les partenaires humanitaires assurent une réponse ciblée sur les besoins spécifiques des femmes déplacés  déplacées : santé, sécurité, moyens de subsistance

– Les femmes déplacées soient intégrées dans la prise de décision locale  et la planification de la réponse.

La situation des femmes de Lubero est un cri silencieux qu’il faut écouter. Elles ne fuient pas seulement la guerre, elles fuient aussi l’abandon, la précarité, l’humiliation et l’invisibilité. il est temps de leur rendre leur dignité, leur voix et leur place dans une société plus juste et humaine.

Conclusion :

Les femmes déplacées  de Lubero sont victimes d’une double guerre : celle des armes  et celle de la misère. Invisibles dans les politiques publiques, elles survivent dans l’indifférence presque totale. Les reconnaitre comme actrices de résilience et leur rendre leur dignité est une obligation morale, sociale et politique. L’Etat congolais et la communauté internationale doivent agir avec urgence pour protéger celles qui portent la vie au cœur du chaos.

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